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L'explorateur Raymond Maufrais, disparu dans la forêt guyanaise il y a 76 ans, officiellement déclaré mort

Disparu en janvier 1950 à l’âge de 23 ans lors d’une expédition en Guyane, Raymond Maufrais, écrivain et aventurier français, a été officiellement déclaré décédé mercredi 18 mars 2026 par le tribunal judiciaire de Cayenne. Son corps n’ayant jamais été retrouvé, cette décision clôt symboliquement 76 ans de mystère.

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Raymond Maufrais tentait, seul, de rallier le Brésil en traversant la forêt guyanaise. Parti du littoral, il avait remonté la rivière Mana, rejoint Maripasoula à pied et disparu en se dirigeant vers l’est de la Guyane.

Né le 1er octobre 1926 à Toulon, résistant décoré de la Croix de guerre, il avait déjà voyagé au Mato Grosso brésilien en 1946. Ses récits d’aventure, comparés aux films de cow-boys qu’il admirait jeune, ont inspiré plusieurs ouvrages et un film, La Vie Pure (2015).

« Raymond Maufrais n'a pu survivre et tous l'ont considéré comme mort, soit noyé, soit de faim et de faiblesse sur une berge », a rappelé Geoffroi Crunelle, président de l’Association des amis d’Edgar et Raymond Maufrais (AAERM).

Une décision judiciaire tardive mais symbolique

Le tribunal judiciaire de Cayenne a officiellement prononcé sa mort au 13 janvier 1950, date inscrite dans ses carnets de route retrouvés quelques mois après sa disparition.

« Il aurait 99 ans aujourd'hui, ça laisse peu de place au doute », a déclaré la présidente du tribunal, Naïma Sajie, qui s’est appuyée sur l’article 88 du Code civil autorisant la déclaration de décès pour les disparus dans des circonstances mettant leur vie en danger.

Cette reconnaissance a surtout une portée symbolique : elle permettra de compléter l’acte de naissance de Raymond Maufrais et d’inscrire sa date de décès dans le registre communal de Camopi, où il a été officiellement déclaré disparu.

Les derniers jours en Amazonie et un mystère qui reste entier

Dans ses carnets, retrouvés à Camopi, il décrit ses derniers moments marqués par la faim et la maladie. À bout de forces, il fut contraint d’abattre et de manger son chien pour survivre.

« C'était vraiment une dimension historique, ce jugement… Son père l’ayant cherché pendant douze ans et ses parents n’ayant jamais accepté sa mort, l'histoire n'avait pas de point final », a expliqué Monika Borowitch, présente à l’audience pour l’association AAERM.

Malgré la déclaration officielle de décès, les circonstances exactes de sa disparition restent inconnues. Des hypothèses de noyade, d’attaques animales ou même de complots farfelus ont été avancées au fil des décennies.

« Même avec la date officielle, le mystère reste entier sur la façon dont il a disparu », souligne Monika Borowitch. Une plaque commémorative sera posée à Camopi, près de son dernier bivouac.

Il convient de rappeler que plusieurs autres personnes, dont des Guyanais, ont également disparu sur le territoire sans jamais être retrouvées.

Un centenaire célébré

La reconnaissance du décès intervient l’année de son centenaire, le 1er octobre 2026. Plusieurs événements sont prévus, incluant projections, expositions et hommages à ce jeune explorateur dont l’aventure continue de captiver.

« Dans le mystère de la forêt amazonienne, nous avons perdu un écrivain et un explorateur », a conclu la présidente du tribunal, Naïma Sajie.