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Montsinery : après l'enfouissement de volailles, les habitants réclament plus de transparence

L'enfouissement de plusieurs milliers de poules pondeuses contaminées par une salmonelle réglementée, début juin à Risquetout, sur la commune de Montsinéry-Tonnegrande, provoque l'incompréhension des habitants. Les riverains dénoncent un manque total d'information et réclament des garanties sanitaires. La Direction générale des territoires et de la mer (DGTM) assure, de son côté, que toutes les procédures réglementaires ont été respectées.

  • Par: adminradio
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L'opération d'abattage et d'enfouissement de 4 770 poules pondeuses s'est déroulée le 25 juin, après la détection d'une salmonelle réglementée dans un élevage. Mais pour les habitants de Risquetout, c'est moins l'abattage que son déroulement qui pose problème.

Selon l'association des habitants et usagers de Risquetout (RTO), aucune information préalable n'a été communiquée aux riverains,  déplore Arnaud Berthoulous, représentant de l'association : 

« Si on ne l'avait pas vu par hasard, on ne l'aurait jamais su. Nous ne sommes pas opposés à cette opération si elle est réalisée dans les règles, mais nous regrettons le manque total de transparence »

Les habitants s'interrogent également sur la proximité du site avec leurs exploitations agricoles, leurs forages d'eau et les nombreuses nappes souterraines présentes dans ce secteur forestier.

« Nous utilisons tous des forages. On veut simplement savoir si toutes les précautions ont été prises pour protéger les eaux souterraines et si le protocole sanitaire a été respecté. »

Au-delà du site choisi, les riverains estiment que cette affaire met en lumière un problème plus large : l'absence d'une véritable filière d'équarrissage en Guyane. « Cette situation révèle surtout le manque d'infrastructures adaptées en Guyane. Aujourd'hui, beaucoup d'éleveurs n'ont pas de solution lorsqu'ils doivent éliminer des animaux morts », estime Arnaud Berthoulous.

Piste de Risque-Tout © A.BeharyLS

La DGTM assure que toutes les règles ont été respectées

Dans un lettre ouverte, l'association demandait ainsi des précisions sur les conditions de transport des carcasses, la profondeur d'enfouissement ou encore les autorisations délivrées pour utiliser une parcelle appartenant à l'Office national des forêts.

Face aux inquiétudes, la Direction générale des territoires et de la mer rappelle que l'abattage était obligatoire en application du programme national de lutte contre les salmonelles, en vigueur depuis 1998 en France et dans l'Union européenne.

Après la confirmation de la contamination le 9 juin, un arrêté préfectoral a imposé l'élimination complète du cheptel afin de protéger la santé publique et d'éviter toute contamination alimentaire.

Selon la DGTM, le site d'enfouissement a été retenu en concertation avec l'ONF, la mairie et l'Agence régionale de santé. Les prescriptions d'un hydrogéologue agréé ont été suivies afin de préserver les nappes phréatiques, explique Daniel Nicolas, directeur général adjoint de la DGTM : 

« La nature latéritique du sol, le traitement à la chaux et la profondeur d'enfouissement nous apportent de très bonnes garanties pour la protection de l'environnement, notamment des eaux souterraines »

Les services de l'État rappellent enfin qu'il s'agit du huitième abattage sanitaire réalisé en Guyane depuis 2008. En l'absence d'une structure d'équarrissage sur le territoire, la DGTM accompagne exceptionnellement les éleveurs dans ce type d'opération afin de préserver la filière avicole et la sécurité sanitaire des consommateurs.