Comment les guyanais perçoivent et consomment les produits Bio ?
L'étude montre que les Guyanais interrogés ont globalement une perception favorable de l'agriculture biologique. Près de la moitié des répondants associent le bio à l'absence de produits chimiques, tandis que 41 % considèrent qu'il est bénéfique pour la santé. Pour certains consommateurs, la qualité justifie le surcoût.
« Si vous cherchez la qualité et que vous connaissez la façon dont les produits industriels sont fabriqués, on n'hésite pas malgré le prix », explique Kamala, qui consomme des produits bio depuis plus de quarante ans.
Même constat pour Bernard, client régulier d'un magasin spécialisé à Rémire-Montjoly. « Je préfère mettre deux ou trois fois plus dans un produit bio et garder ma santé plutôt que d'acheter moins cher et mettre ma vie en danger. »
Selon lui, la consommation de produits biologiques a eu un impact direct sur son bien-être. « J'ai retrouvé ma santé, j'ai retrouvé la forme, je ne suis plus malade. »
Des prix jugés trop élevés
Malgré cette image positive, le prix demeure le principal obstacle au développement du marché. Sept consommateurs sur dix estiment que les produits bio sont trop chers.
La majorité des personnes interrogées achètent du bio de manière occasionnelle, tandis que 18 % déclarent n'en acheter jamais. Les fruits et légumes restent les produits les plus consommés, devant les œufs, les fruits secs et les produits laitiers.
Dans les magasins spécialisés, le panier moyen atteint une quarantaine d'euros, un budget qui reste difficilement accessible pour une partie de la population.
Une offre encore insuffisante
Autre enseignement de l'enquête : 59 % des répondants jugent l'offre de produits bio insuffisante en Guyane. Certains estiment même qu'elle est inexistante.
Pour Emeline Groschateau, responsable du magasin La Vie Claire à Rémire-Montjoly, le développement des circuits courts constitue une piste pour rendre le bio plus accessible.
« Privilégier le local a beaucoup d'impact sur les prix, qui peuvent se rapprocher du conventionnel. »
Même si l'agriculture biologique progresse sur le territoire, notamment grâce à la filière wassaï, l'offre reste encore limitée et concentrée sur les productions végétales.
Mieux faire connaître le bio guyanais
L'ORAB souhaite désormais s'appuyer sur cette enquête pour renforcer l'information auprès du public. Les résultats montrent notamment que le label Agriculture Biologique est encore méconnu par une partie des consommateurs. Pour Caroline Baron, chargée de mission à l'ORAB et auteure de l'étude, plusieurs leviers pourraient favoriser l'accès au bio.
« Il faudrait élargir les points de vente, développer des corners bio, des stands spécialisés ou encore des marchés entièrement dédiés à la bio. »
© E.Cornec - Radio Télé Péyi
L'observatoire entend également mettre davantage en lumière les producteurs locaux afin de rapprocher consommateurs et filières guyanaises.
Aujourd'hui, 25 % des Guyanais interrogés déclarent consommer régulièrement des produits biologiques, soit cinq points de moins que dans l'Hexagone.