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1856-2026 : 170 ans de présence indienne en Guyane

Le 9 juin 1856, le navire Sigisbert-Cézard accostait à Cayenne avec 589 engagés indiens à son bord. Un événement fondateur de l'histoire migratoire guyanaise, commémoré ce week-end par l'association Yana Gopio à travers plusieurs manifestations destinées à faire vivre la mémoire de ces hommes et femmes venus d'Inde après l'abolition de l'esclavage.

  • Par: adminradio
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Le 10 juin 1848, l'esclavage est aboli en Guyane. Les plantations se retrouvent alors confrontées à un important manque de main-d'œuvre. Comme dans plusieurs colonies françaises, l'administration se tourne vers l'engagisme, un système de recrutement de travailleurs sous contrat venus principalement d'Inde.

Le 9 juin 1856, le Sigisbert-Cézard débarque à Cayenne le premier contingent officiel de 589 engagés indiens. Entre 1856 et 1877, près de 8 500 hommes, femmes et enfants originaires de Pondichéry, Karikal et Calcutta rejoignent la Guyane.

Répartis dans les plantations de Roura, Régina, de l'Oyapock ou encore du littoral, beaucoup participeront ensuite au développement des placers aurifères lors de la ruée vers l'or de la fin du XIXe siècle.

Une présence discrète mais profondément ancrée

Contrairement au Suriname voisin, au Guyana ou encore aux Antilles françaises, les descendants d'engagés indiens représentent une population moins visible en Guyane.

« Ce sont les 170 ans de l'arrivée des premiers engagés indiens que nous commémorons aujourd'hui. En Guyane, les Indiens sont peu visibles parce qu'il n'y a pas une communauté indienne structurée comme dans les pays voisins. Les engagés étaient moins nombreux et se sont très vite fondus dans la population », explique Aline Belfort, présidente de l'association Yana Gopio.

© Linley Berthier - Radio Télé Péyi 

Et pourtant selon la présidente de Yana Gopio, l'histoire de cette immigration reste une composante essentielle de l'identité guyanaise : 

« Les descendants d'Indiens sont présents partout sur le territoire. Il est important de faire connaître cette histoire et de rappeler que l'Inde a aussi contribué à construire la Guyane d'aujourd'hui. »

Renouer les liens avec l'Inde

Parmi les temps forts de cette commémoration figurait la présentation de la carte OCI (Overseas Citizen of India), un dispositif destiné aux descendants de ressortissants indiens, explique Hélène Sirder, présidente de la commission chargée de son attribution en Guyane :

« C'est une carte que l'on peut rapprocher d'un visa permanent à durée illimitée. Elle permet de circuler librement en Inde, de s'y installer ou encore d'y poursuivre des études supérieures »

Elle précise toutefois que cette carte « ne donne ni la nationalité indienne ni une double nationalité ».

« Nous travaillons actuellement à l'accréditation de la Guyane afin que les descendants d'engagés indiens puissent bénéficier pleinement de ce dispositif et renforcer les échanges avec l'Inde. »

Une culture toujours vivante

Expositions, artisanat, gastronomie et vêtements traditionnels étaient également au programme de cette journée mémorielle. Venue de Saint-Laurent-du-Maroni, Kalowtie Searwar a présenté des saris et tenues traditionnelles indiennes aux visiteurs.

« Cela me fait énormément plaisir de faire connaître cette partie de notre histoire dans la société guyanaise. En Inde, les couleurs font partie du quotidien. C'est une richesse culturelle que nous devons continuer à transmettre », souligne-t-elle.

© Linley Berthier - Radio Télé Péyi 

Au-delà de la commémoration, l'objectif de Yana Gopio est désormais de mieux faire connaître cette page souvent méconnue de l'histoire guyanaise et de renforcer les liens avec l'Inde contemporaine.

170  ans après l'arrivée du Sigisbert-Cézard, les descendants des engagés indiens continuent ainsi d'entretenir la mémoire d'une migration qui a durablement marqué la Guyane.