Carburant : les transporteurs appellent à une mobilisation face à la hausse des prix
Depuis le 1er avril, le litre de gazole a augmenté de 24 centimes et celui de l’essence sans plomb de 17 centimes, frôlant les 2 euros. Une évolution jugée brutale par les professionnels du transport en première ligne, qu’il s’agisse de taxis, d’ambulanciers ou encore de transporteurs de marchandises ou de personnes.
Réunis jeudi à Cayenne, ils ont posé les bases d’une mobilisation, dont les modalités restent à définir. Tous s’accordent sur un point : cette hausse ne concerne pas uniquement leur secteur. « Si le carburant augmente, c’est toute la chaîne économique qui est impactée », préviennent-ils.
Un appel à une mobilisation collective
Pour Dominique Manglal, la situation exige une réaction rapide et collective : « Ce n’est pas seulement un problème de transporteurs. Cela concerne toutes les filières : l’agriculture, la pêche, la santé… Tout le monde est impacté. Il faut que chacun prenne la mesure de la situation et se mobilise. » Il regrette également le manque de réaction des responsables politiques :
« Aujourd’hui, les élus sont absents. Pourtant, ce sujet touche directement le quotidien des Guyanais. Il est urgent de réunir tous les acteurs autour de la table pour trouver des solutions. »
Des aides jugées insuffisantes et floues
Le gouvernement a évoqué une aide de 20 centimes par litre pour les transporteurs. Une mesure jugée encore trop floue par les professionnels :
« Nous ne connaissons pas les modalités de cette aide, ni si elle sera adaptée à la réalité guyanaise. Les contraintes ici ne sont pas les mêmes qu’en Hexagone. Il faut une concertation pour définir des mesures efficaces. »
© A.Behary LS
Le fonctionnement du marché pointé du doigt
Au-delà de la hausse des prix, certains acteurs dénoncent l’organisation du marché du carburant en Guyane. Le collectif « Stop à la vie chère » critique notamment le rôle de la SARA. Pour sa représentante, Yvane Goua, des alternatives existent :
« Une grande partie du carburant est déjà importée sous forme de produits finis. Il est possible de s’approvisionner autrement, à moindre coût, notamment auprès de pays voisins. »
Elle appelle à accélérer les réflexions engagées sur de nouvelles sources d’approvisionnement afin de limiter l’impact de ces hausses sur le territoire.