Première autorisation d'exploitation d'un ancien site d'orpaillage illégal accordée à un opérateur local
À l'issue de l'appel à manifestation d'intérêt lancé en 2025, la SAS Longtom, dirigée par José Mariema, a obtenu cette première autorisation spéciale d'exploitation, un dispositif créé par la réforme du Code minier de 2022 et spécifique à la Guyane. Le projet prévoit l'exploitation d'un gisement aurifère situé sur la crique Nationale, à Kourou, un secteur autrefois marqué par l'orpaillage illégal.
Selon le dossier présenté, l'entreprise ambitionne d'extraire jusqu'à 250 kilogrammes d'or sur une période de quatre ans, tout en réhabilitant le site afin d'éviter le retour des garimpeiros. Le projet doit toutefois encore être soumis à l'avis de l'autorité environnementale puis à une consultation du public avant sa validation définitive.

« Une vraie industrie minière menée par des Guyanais »
Pour José Mariema, cette décision constitue une avancée importante pour la filière minière locale. « Le but, c'est qu'il y ait des opérateurs miniers guyanais qui travaillent sur des espaces où il y aurait du minerai pour empêcher que l'orpaillage clandestin grandisse autour de nous », explique-t-il. Il estime que cette politique permettra de « construire une vraie industrie minière menée par des opérateurs miniers guyanais ».
Le dirigeant rappelle toutefois que cette mesure ne représente qu'un des leviers de la lutte contre l'exploitation illégale de l'or :
« Ce n'est pas la seule solution contre l'orpaillage clandestin, mais c'en est une. Aujourd'hui, c'est une satisfaction de voir ce projet avancer. »

Réhabiliter les sites dégradés
Au-delà de l'exploitation minière, Longtom met en avant l'objectif environnemental du projet. « Le but principal, c'est de réparer, de réhabiliter tout ce qui a été saccagé par les clandestins », affirme José Mariema. L'entreprise prévoit notamment des opérations de reforestation, de revégétalisation et de remise en état des cours d'eau, tout en valorisant les ressources encore présentes sur le site.
Cette première autorisation marque le lancement d'un dispositif voulu par l'État pour reprendre durablement le contrôle des anciens sites d'orpaillage illégal en les confiant à des opérateurs légaux. Une annonce qui intervient quelques jours après la publication d'un rapport de l'Office national des forêts (ONF) portant sur les impacts environnementaux des activités minières en Guyane.