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Voltalia boucle le financement de la future centrale hybride de Sainte-Anne

Le financement de la future centrale hybride de Sainte-Anne est désormais sécurisé. Implantée à Mana, à une quinzaine de kilomètres de l'entrée de Saint-Laurent-du-Maroni, cette infrastructure de plus de 120 millions d'euros doit entrer en service en 2028. Associant énergie solaire, stockage par batteries et groupes électrogènes fonctionnant au biocarburant HVO, elle vise à renforcer l'alimentation électrique de l'Ouest guyanais tout en réduisant le recours aux énergies fossiles. Une campagne de financement participatif de 5 millions d'euros a également permis aux Guyanais d'investir directement dans le projet.

  • Par: adminradio
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La centrale de Sainte-Anne reposera sur trois technologies complémentaires : 43 MW de panneaux photovoltaïques, 135 MWh de batteries lithium-ion et 7 MW de groupes électrogènes alimentés au HVO (Hydrotreated Vegetable Oil), un biocarburant de synthèse produit à partir d'huiles végétales ou de déchets organiques. Ce carburant renouvelable permet de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre par rapport au diesel conventionnel.

Le principe est simple : l'électricité produite par les panneaux solaires alimente directement le réseau durant la journée. L'énergie excédentaire sera stockée dans les batteries afin d'être restituée la nuit ou lors des pics de consommation. Les groupes électrogènes n'interviendront qu'en cas d'incident sur le réseau afin de garantir la continuité de l'alimentation électrique,  explique Benoît Bellemare, responsable des actifs de Voltalia en Guyane : 

« La centrale de Saint-Anne est une centrale hybride parce qu'elle combine plusieurs technologies : le solaire, les batteries et des groupes électrogènes fonctionnant au biocarburant HVO. En fonctionnement normal, les panneaux produisent l'électricité, le surplus est stocké dans les batteries puis restitué la nuit. Les groupes électrogènes sont uniquement là pour sécuriser l'approvisionnement en cas d'aléas techniques et permettre de réénergiser le réseau grâce au "black start". »

À terme, la centrale produira près de 50 GWh d'électricité par an, soit l'équivalent de la consommation d'environ 50 000 habitants.

Les Guyanais associés au financement du projet

Fait peu courant pour un projet énergétique de cette ampleur, les habitants de Guyane ont pu investir directement dans la centrale grâce à une campagne de financement participatif.

Sur les 5 millions d'euros levés, 800 000 euros ont été souscrits par des investisseurs guyanais. Initialement limitée à 500 000 euros, l'enveloppe locale a été augmentée face à une demande plus forte que prévu. « Nous avons même été en sursouscription. L'objectif était surtout de permettre aux Guyanais de participer au développement économique et énergétique de leur territoire  », souligne Benoît Bellemare. 

Initialement prévue à 500 000 euros, l'enveloppe réservée aux Guyanais a été portée à 800 000 euros. Ensuite, les 4,2 millions d'euros restants ont été souscrits au niveau national. Il ne s'agit pas d'un investissement en actions mais en obligations, rémunérées entre 7,5 % et 8 % avec un versement semestriel des intérêts. « Quelqu'un qui a investi 100 euros va toucher 4 euros tous les six mois et retrouvera ces 100 euros in fine ».

En parallèle, Voltalia a sécurisé un financement bancaire de plus de 120 millions d'euros, avec le soutien notamment de Bpifrance, de la Caisse d'Épargne CEPAC, de la BRED Banque Populaire et du Crédit Agricole.

Le directeur de Voltalia Guyane, Arnaud Flament, salue cette étape décisive.

« La centrale hybride de Sainte-Anne jouera un rôle essentiel dans la sécurisation et la décarbonation de l'approvisionnement électrique de l'Ouest guyanais. Le succès du financement participatif témoigne de la volonté d'associer les Guyanais aux retombées économiques du projet ainsi que de leur soutien à une production d'énergie locale et durable. »

Des retombées économiques attendues pour l'Ouest guyanais

Le chantier, engagé depuis juillet 2025, s'étendra sur trois ans et devrait mobiliser environ 200 travailleurs, dont près des deux tiers issus du territoire. Des emplois locaux et des secteurs indirects sollicités, indique Benoît Bellemare : 

« Nous estimons que deux tiers des emplois seront locaux, avec des entreprises de Guyane. Certains lots très spécialisés feront appel à des experts extérieurs, notamment pour les batteries ou les groupes électrogènes. Le chantier générera également une activité importante pour l'hôtellerie et la restauration de Mana et de Saint-Laurent-du-Maroni. »

À partir de sa mise en service prévue à mi-2028, la centrale générera six à sept emplois permanents dédiés à son exploitation.

Un projet encadré sur le plan environnemental

Voltalia affirme avoir adapté le projet afin de limiter son impact sur les milieux naturels. Les études écologiques, conduites depuis 2018 par le bureau d'études Biotope Amazonie, ont conduit à modifier l'implantation des îlots photovoltaïques afin d'éviter les secteurs présentant les plus forts enjeux de biodiversité.

Le défrichement concernera environ 50 hectares sur une emprise de 64 hectares mise à disposition par l'ONF, correspondant à une forêt déjà exploitée dans les années 1960 à 1980. La biomasse issue du défrichement fera l'objet d'une valorisation.

Le projet bénéficie d'une dérogation préfectorale relative aux espèces protégées et prévoit plusieurs mesures d'accompagnement : gestion écologique des anciens polders de Mana avec le Conservatoire du littoral, études scientifiques sur les mares temporaires et les amphibiens, ainsi qu'un suivi écologique permanent du chantier.

Des écologues accompagneront chaque phase des travaux afin de veiller au respect des zones sensibles et des engagements environnementaux.

Enfin, Voltalia met en avant un bilan carbone particulièrement faible : selon l'entreprise, la centrale compensera les émissions liées à sa construction après 19 mois de fonctionnement et produira une électricité près de quatorze fois moins carbonée que la moyenne actuelle du mix électrique guyanais, contribuant ainsi à la transition énergétique du territoire.