La Cimade dénonce les conditions d’enfermement dans les Centres de rétention administrative
"Le droit d’asile bafoué" selon la Cimade
La Cimade dénonce plusieurs atteintes aux droits et notamment au droit d’asile. Elle signale que des personnes ont été enfermées dans les centres de rétention en Guyane et en Guadeloupe alors qu’elles avaient débuté des démarches pour solliciter l’asile, en attente d’un rendez-vous devant la Cour Nationale du droit d’asile ou encore qu’elles étaient protégées par la protection subsidiaire. Pauline Raï, responsable régionale de l’action en rétention de la Cimade déplore des défaillances dans les procédures :
« Il existe aussi des difficultés dans la procédure même de demande d'asile en rétention, qui n'est pas toujours respectée par l'administration. »
Une aide aux personnes retenues de plus en plus difficile.
Anne-Sophie N’Damité, intervenante juridique à la Cimade explique qu’il est de plus en plus difficile de venir en aide aux personnes retenues dans ces centres :
« Pour les personnes ayant effectuées des démarches à l’extérieur, l’idée est donc en ayant bien la preuve de ces démarches, de saisir le juge administratif d'un référé liberté pour atteinte au droit d'asile. Il s’agit d’une liberté fondamentale ce qui conduit à leur remise en liberté. Pour les autres, ça va être les accompagner dans l'introduction de leur demande d'asile depuis le centre de rétention, qui va être examinée dans des conditions bien différentes que si elle avait été présentée en dehors du centre. » Anne-Sophie N’Damité
© F. Royer - Radio Télé Péyi
De plus, la question de la langue est également au centre des préoccupations. En effet, lorsque les langues parlées par les retenues ne peuvent être utilisées en entretien, l'administration doit permettre l'accès à un interprète. « Cela n’a pas toujours été le cas », indique Anne-Sophie N’Damité. En 2026, un interprète a pu être déployé malgré de nombreuses difficultés notamment à des contraintes de l’administration et indisponibilités.
Des expulsions qui ne sont pas toujours suspendues malgré la situation dans le pays d’origine
Plusieurs personnes retenues proviennent de pays où se déroulent des affrontements sans que cela ne suspende les expulsions. Anne-Sophie N’Damité, intervenante juridique à la Cimade apporte des précisions notamment pour les ressortissants haïtiens :
« Depuis septembre 2025, le tribunal administratif reprend la suspension des éloignements pour les personnes haïtiennes qui proviennent des trois départements considérés comme soumis à une violence généralisée à savoir Port-au-Prince, le département de l'Ouest et l'Artibonite. Pour les autres, il n’y a pas de suspension. De cette façon, les personnes arrivent à Cap-Haïtien. Ainsi, des craintes sont exprimées car elle oblige la traversée des zones les plus dangereuses afin de rejoindre leur région d’origine, le plus souvent sans source de revenus. » Anne-Sophie N’Damité.
L'année dernière le Guyana ne délivrait plus de laisser-passer, mais la reprise est constatée depuis 2025. Concernant le Venezuela, quelques personnes placées ont pu demander l'asile. Pour l'instant, il n’y a pas de décision qui puisse éviter l’expulsion.
L'an dernier, 568 personnes ont été enfermées au centre de rétention administratif de Guyane. Un chiffre en forte baisse, dû à une capacité d'accueil réduite. Un incendie a forcé les autorités à condamner tout un secteur du bâtiment.