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« Avec retard » : le pape Léon XIV présente les excuses de l’Église sur l’esclavage

Dans sa première encyclique, le souverain pontife reconnaît en ce lundi de Pentecôte le retard de l’Église à condamner l’esclavage et présente des excuses inédites au nom de l’institution catholique.

  • Par: adminradio
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Dans sa première encyclique publiée ce lundi 25 mai par le Vatican, le pape Léon XIV a demandé « sincèrement pardon » pour le rôle joué par l’Église dans l’histoire de l’esclavage. Intitulé Magnifica Humanitas (« Humanité magnifique »), ce texte marque une première historique : jamais un pape n’avait présenté d’excuses publiques aussi directes au nom de l’institution catholique.

« Une blessure dans la mémoire chrétienne »

Le souverain pontife reconnaît que l’Église a tardé à condamner officiellement l’esclavage. Le pape américain évoque « une blessure dans la mémoire chrétienne » et affirme qu’il est impossible pour les fidèles de se considérer étrangers à cette histoire.

« L'Église a longtemps toléré l'esclavage et n'en est venue qu'ensuite à le condamner de manière absolue. Il est inévitable d’éprouver une profonde douleur en considérant l’énorme souffrance et l’humiliation que l’esclavage a signifiées pour tant de personnes ».

Une condamnation tardive de l’esclavage, une reconnaissance inédite

Dans son encyclique, Léon XIV rappelle qu’il a fallu attendre le XIXe siècle pour voir apparaître une condamnation « formelle, absolue et universelle » de l’esclavage par l’Église catholique, notamment sous le pontificat de Léon XIII.

Lors de son élection, le nouveau pape avait d’ailleurs expliqué avoir choisi le nom de Léon XIV en hommage à Léon XIII, considéré comme le fondateur de la doctrine sociale de l’Église.

Si plusieurs papes avaient déjà dénoncé les conséquences de l’esclavage ou reconnu l’implication de chrétiens dans ce système, aucun n’avait jusqu’ici demandé pardon au nom même de l’Église.

Le texte revient également sur le rôle historique du Vatican.

« Le Siège Apostolique romain (…) est intervenu à plusieurs reprises pour réglementer et légitimer les modalités de soumission et, dans certains cas, de réduction en esclavage des “infidèles” », reconnaît le pape. Il rappelle aussi que l’Église a possédé des esclaves jusqu’au Moyen Âge.

Au-delà du passé, le pape Léon XIV établit un parallèle avec les dérives contemporaines liées à l’économie numérique et à l’intelligence artificielle. « Nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l'Église et la société ont condamné le fléau de l'esclavage », insiste-t-il avant de conclure : « Au nom de l'Église, je demande sincèrement pardon ».

Dans cette encyclique consacrée notamment aux enjeux éthiques de l’intelligence artificielle, le souverain pontife dénonce également « de nouvelles formes d’esclavage » qui émergeraient dans le monde numérique.