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Chikungunya : l'ARS lance une campagne de vaccination gratuite pour freiner l'épidémie en Guyane

Face à l'accélération de l'épidémie de chikungunya en Guyane, l'Agence régionale de santé (ARS) déploie une campagne de vaccination gratuite à destination de la population. Plus de 500 cas ont déjà été confirmés et les autorités sanitaires veulent agir avant l'arrivée du pic épidémique.

  • Par: adminradio
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Depuis le début de l'année, 513 cas de chikungunya ont été biologiquement confirmés en Guyane. Le principal foyer se situe actuellement dans l'Ouest du territoire, notamment autour de Saint-Laurent-du-Maroni, mais plusieurs foyers de circulation du virus ont également été identifiés sur l'île de Cayenne et dans le secteur des Savanes. Pour Bertrand Parent, directeur général de l'ARS Guyane, la situation nécessite une réponse rapide : 

« Nous sommes au début de la phase exponentielle. Notre idée, c'est de réduire autant que possible les formes graves, protéger les populations les plus à risque et contribuer à limiter la circulation du virus »

Une vaccination gratuite et accessible

Pour accompagner cette stratégie, l'ARS met gratuitement à disposition deux vaccins contre le chikungunya : IXCHIQ et VIMKUNYA. Au total, 2 500 doses ont été commandées, dont plus de 1 000 sont déjà disponibles sur le territoire.

La vaccination se fera exclusivement sur prescription médicale. Les patients devront consulter un médecin, récupérer leur vaccin en pharmacie puis se faire injecter la dose par un professionnel de santé. « Cette campagne sera une campagne de proximité et surtout une campagne gratuite. Aucun coût ne sera supporté par les personnes qui souhaiteront se faire vacciner », a insisté Bertrand Parent.

Bertrand Parent - directeur de l'ARS Guyane © A. BeharyLS

L'ARS précise qu'elle ne souhaite pas imposer la vaccination mais permettre à chacun de faire un choix éclairé : 

« On met à disposition le vaccin, on ne l'impose pas. Nous voulons privilégier le dialogue entre les patients et les professionnels de santé »

Prévenir avant le pic épidémique

Pour le docteur Loïc Epelboin, chercheur en épidémiologie et infectiologue au CHU, l'un des atouts de la Guyane est de disposer des vaccins avant que l'épidémie ne s'étende à l'ensemble du territoire : 

« C'est une force du dispositif guyanais d'avoir nos vaccins avant que l'épidémie se soit trop développée. À La Réunion, les vaccins étaient arrivés après le pic épidémique. Ici, nous pouvons agir en amont »

Docteur Loïc Epelboin - infectiologue CHU © A.BeharyLS

Le Dr Loïc Epelboin rappelle également que si les formes graves restent rares, les conséquences du chikungunya peuvent être importantes :

« Près de 70 à 75 % des personnes touchées développent des douleurs articulaires qui peuvent durer plusieurs mois, parfois plus de six mois. Cela peut devenir très invalidant dans la vie quotidienne »

Maintenir la vigilance

Les autorités sanitaires rappellent enfin que la vaccination ne remplace pas les gestes de prévention contre les moustiques. Lutte antivectorielle, élimination des eaux stagnantes et protection individuelle restent des leviers essentiels pour limiter la propagation du virus. La CTG a annoncé des épandages avec la “bagoneuse” dans le secteur des savanes et dans l’ouest.