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Santé sexuelle en Guyane : une nouvelle stratégie face à des défis persistants

L'Agence régionale de santé (ARS) Guyane a présenté sa nouvelle stratégie régionale de santé sexuelle et reproductive (SSR) pour la période 2026-2028. Doté d'un budget de 8,5 millions d'euros, ce plan s'articule autour de 5 axes, 13 objectifs et 82 actions afin d'améliorer la prévention, le dépistage et l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire.

  • Par: adminradio
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L'ARS rappelle que la Guyane fait face à des indicateurs préoccupants : un taux de natalité de 22,5 naissances pour 1 000 habitants, un tiers des femmes déclarant avoir subi un rapport ou une tentative de rapport forcé, une baisse de l'âge médian du premier rapport sexuel chez les hommes et un recours limité à la contraception lors des premiers rapports. Pour son directeur général, Bertrand Parent, ces enjeux « touchent à des sujets sensibles, parfois intimes et complexes » et nécessitent « une approche globale, intégrée, respectueuse des personnes et de leurs choix ».

82 actions pour améliorer la prévention et les soins

La stratégie repose sur 5 priorités : promouvoir la santé sexuelle, renforcer la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST), améliorer la santé reproductive, mieux répondre aux besoins des publics spécifiques et développer la recherche. Parmi les mesures prévues figurent le déploiement de nouveaux outils de dépistage, le développement de la procréation médicalement assistée (PMA), des campagnes sur la contraception et un renforcement de l'éducation à la sexualité auprès des jeunes. L'ensemble sera évalué grâce à 73 indicateurs.

IST : la syphilis, une priorité de santé publique

L'ARS met également en lumière la recrudescence de la syphilis en Guyane. Entre 2020 et 2023, le taux d'incidence est passé de 24 à 200 cas pour 100 000 habitants dans les communes isolées, avec des pics proches de 400 cas pour 100 000 habitants à Maripasoula et Saint-Georges. Pour le Dr Marie Schweitzer, cette situation « appelle à renforcer le maillage territorial, les actions d'aller-vers et l'articulation entre les acteurs sanitaires et communautaires ». Les travaux du Dr Alexandrine Girard montrent également l'impact de cette infection sur les grossesses et les nouveau-nés, soulignant que « la date de traitement maternel est extrêmement importante pour limiter l'impact de la syphilis chez les bébés ».

8,5 millions d'euros mobilisés

Pour mettre en œuvre cette stratégie, l'ARS a consacré 8,5 millions d'euros à la santé sexuelle et reproductive en 2025, soit plus de 10 % du Fonds d'intervention régional (FIR). L'agence affirme ainsi son ambition de « faire de la santé sexuelle une ressource accessible à toutes et tous, tout au long de la vie », en garantissant « une information fiable, des parcours fluides et des services de proximité ».