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Conférence régionale de sécurité : 21 délégations réunies en Martinique contre les trafics illicites dans la Caraïbe

Du 29 juin au 3 juillet, la Martinique accueille pour la première fois de son histoire une conférence régionale de sécurité réunissant 21 délégations internationales, dans le cadre de la présidence française du G7. Une semaine dédiée à la lutte contre le narcotrafic et le trafic d'armes en particulier.

  • Par: adminradio
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Jamais autant de pays ne s'étaient réunis en Martinique pour une même cause. Cette conférence régionale de sécurité, d'envergure internationale, s'inscrit dans le cadre de la présidence française du G7 et sera consacrée au narcotrafic et au trafic d'armes dans la Caraïbe et en Amérique latine. 

État des menaces, renseignement, lutte contre les filières, protection des ports et aéroports, coopération policière et judiciaire : autant de sujets traités dès l'ouverture de cette semaine qualifiée d'historique pour les Antilles françaises.

"Un moment d'échange pour l'avenir"

C'est le message porté par l'État français à travers cette conférence, qui rassemble une coalition inédite de parties prenantes. Interrogé par nos confrères de RCI Martinique, Étienne Desplanques, préfet de la Martinique, a expliqué l'évolution des routes du narcotrafic et la nécessité de nouvelles coopérations :

“Alors que beaucoup de narcotrafics partaient par le sud, avec les interventions américaines, ils passent par le nord. Ça nous amène à devoir travailler avec la Jamaïque, avec la République dominicaine, avec des acteurs avec lesquels on n'avait pas l'habitude de travailler. Aujourd'hui, nous sommes, et pendant toute la semaine, avec 21 délégations. Ça va être un moment d'échange exceptionnel et, pour nous, très utile pour l'avenir.”

Les 21 délégations réunies pour le séminaire préparatoire de la conférence régionale de sécurité © Préfecture de la Martinique

Un travail commun

Hier après-midi, sur le site de l'université des Antilles à Schœlcher, des représentants des 14 États membres de la Communauté caraïbéenne (CARICOM), des principaux pays producteurs dont la Colombie, le Pérou et la Bolivie, de l'Union européenne et de nombreux autres partenaires et organisations internationales ont travaillé de concert pour poser les premières bases d'une déclaration politique. Celle-ci comprendrait des engagements de renforcement de la coopération internationale dans la lutte contre les trafics illicites.

Mais les résultats reposent aussi sur les acteurs du terrain, à l'image des douaniers en surveillance constante. Sévrine Bardoux, secrétaire interrégionale UNSA Douanes Martinique, en a témoigné :

“On peut compter déjà la saisie de plus d'une tonne de stupéfiants depuis le début de l'année 2026, ce qui démontre bien que les collègues sont présents pour lutter contre ces trafics, mais également contre les contrefaçons et également contre le blanchiment d'argent.”

L'objectif est donc de mettre en œuvre une stratégie commune face à des fléaux de narcotrafic, trafic d'armes, blanchiment d'argent, qui pèsent directement sur le nombre d'homicides aux Antilles-Guyane. 

En haute mer, les saisies de stupéfiants aux Antilles opérées par les autorités françaises ont augmenté de 30 % en un an. Elles ont atteint les 35,7 tonnes en 2025 contre 28 tonnes en 2024.

La Guyane est également représentée dans cette conférence par plusieurs responsables des forces de sécurité, parmi lesquels le commandant de la gendarmerie de Guyane, Loïc Baras, le commandant supérieur des Forces armées en Guyane (FAG), Géraud Laborie, ainsi que plusieurs hauts fonctionnaires des services de l'État en Guyane.

En Guyane, les services de l'État ont présenté le bilan de la sécurité pour l'année 2025 en baisse. Au total, 388 kg de cocaïne ont été saisis à l'aéroport Félix-Éboué, contre plus d'une tonne en 2024. Cette baisse s'accompagne d'une diminution du nombre de « mules » interpellées (369, contre 738 en 2024).

Ces chiffres ne traduisent pas un recul du narcotrafic, mais une adaptation des réseaux criminels, qui privilégient désormais les Antilles pour acheminer la drogue vers l'Europe.