35 millions d’euros pour le futur site de lancement de PLD Space
Réuni au sommet Choose France à Versailles, le groupe PLD Space a officialisé un investissement de 35 millions d'euros pour le développement et la mise en service de son site de lancement sur l'ancien site de la fusée Diamant, à Kourou.
Cette initiative fait de l'entreprise le premier opérateur privé à engager un investissement d'une telle ampleur au Centre Spatial Guyanais (CSG), participant ainsi à la diversification des activités du port spatial européen. Dans un entretient accordé à Radio Télé Péyi, Ezequiel Sánchez, le président exécutif de PLD Space, estime que l'arrivée d'un nouvel acteur constitue un atout pour l'Europe :
« Il y avait différents opérateurs sur le CSG, mais avec la sortie des Soyouz et la transition entre Ariane 5 et Ariane 6, le rythme des lancements a été réduit ces dernières années. Apporter une capacité de lancement complémentaire est une alternative pour le CSG. »
© Ezequiel Sanchez - PLD Space
Selon lui, l'objectif n'est pas de concurrencer les acteurs déjà présents, mais de compléter l'offre existante. « Pour nous, il s'agit de compléter ce qui existe déjà avec Arianespace et Ariane 6, ainsi qu'avec Avio et Vega-C. »
Des retombées économiques pour la Guyane ?
Sur les 35 millions d'euros investis, 22 millions seront consacrés à l'écosystème industriel français, dont 13 millions directement attribués à plus de vingt entreprises guyanaises sous traitantes.
© PLD Space
PLD Space estime que son projet permettra de générer environ 21 millions d'euros de valeur ajoutée locale et de maintenir entre 250 et 275 emplois indirects et induits pendant la phase de construction qui est en cours. L'entreprise prévoit également la création d'une trentaine d'emplois permanents pour l'exploitation du site, souligne Ezequiel Sánchez :
« Avec toutes les entreprises locales qui ont participé aux travaux publics, les électriciens, les menuisiers etc… il y a un véritable impact local. Concernant l'emploi, nous visons 37 personnes pour lancer une trentaine de fusées sur l'ancien site Diamant. »
Le lanceur MIURA 5 bientôt opérationnel
Les travaux de génie civil du futur pas de tir dédié à la fusée MIURA 5 entrent désormais dans leur phase finale. La livraison des infrastructures est attendue d'ici la fin du mois d'août puis s’en suivra les phases de test, indique le dirigeant du lanceur espagnol :
« L'infrastructure sera prête à la fin du mois d'août et nous réaliserons ensuite les essais de redressement vertical ainsi que la qualification des moteurs »
PLD Space travaille en étroite collaboration avec le Centre National d'Études Spatiales (CNES) pour préparer les futures opérations de lancement. « Étant la première entreprise privée à opérer sur le CSG, cela se fera avec la collaboration du CNES pour les communications et les systèmes de détermination de vol. », précise Ezequiel Sanchez.
Renforcer l'autonomie spatiale de l'Europe
Au-delà des retombées locales, l'ambition de PLD Space est de contribuer à l'autonomie stratégique européenne dans le domaine spatial. Depuis la Guyane, l'entreprise souhaite offrir aux institutions et aux opérateurs commerciaux européens une nouvelle capacité de mise en orbite.
© Le petit lanceur Miura 5 mesure 35 mètres de haut et peut mettre en orbite basse des charges utiles d'un peu plus d'une tonne. Un premier modèle de qualification a été dévoilé en novembre dernier.
« Le développement de notre propre infrastructure au Centre Spatial Guyanais renforce l'autonomie de l'Europe en matière d'accès à l'espace tout en contribuant à la diversification industrielle du CSG », affirme Ezequiel Sánchez. Le premier vol du lanceur MIURA 5 depuis Kourou reste programmé à la fin de l’année 2026.
Une étape que PLD Space considère comme déterminante pour l'avenir du secteur spatial européen après de longs mois de travail. « Nous avons encore beaucoup de travail, mais nous sommes très heureux de ce partenariat entre la France, la Guyane et l'Espagne qui nous ouvre la possibilité d'un premier vol dans les prochains mois. », conclut Ezequiel Sanchez.