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Damien Urcel s’offre le 35e Tour de Guyane pour sa première participation

Le 35e Tour de Guyane s’est achevé ce dimanche 23 août avec la victoire finale qui revient au Guadeloupéen Damien Urcel et un ultime succès guyanais signé Yvenson Nicolas. Au-delà du résultat sportif, cette édition aura été marquée par plusieurs épisodes inédits : interruption de la course par les arbitres dès la première étape, accident avec un véhicule, exclusion d’un prétendant au classement général pour un guidon non conforme et incident disciplinaire en plein peloton.

  • Par: adminradio
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Pour sa première participation au Tour de Guyane, Damien Urcel a conservé le maillot jaune jusqu’à l’arrivée finale. Le Guadeloupéen s’est imposé au classement général avec 36 secondes d’avance sur le Québécois Nicolas Gauthier, tandis que le Britannique Charlie Lacaille complète le podium à une minute. Une victoire que le coureur de la Team 971 n’imaginait pas forcément au départ. Après avoir brièvement perdu le maillot jaune au cours de l’épreuve, Urcel a pu compter sur le travail de toute sa sélection des îles de Guadeloupe : 

« À la base, je voulais juste découvrir le Tour parce que je ne l’avais jamais fait.  Ce n’est pas facile parce que j’ai perdu le maillot jaune à un moment dans la course. […] L’équipe a fait un super boulot. »

Il a également salué la confiance de son staff et de ses coéquipiers, qu’il considère comme les artisans de cette victoire.

© Gael Ho-A-Sim - Radio Télé Péyi

Trois victoires d’étape pour la Guyane

La Guyane n’a pas remporté le classement général, mais elle a particulièrement bien résisté face aux formations venues de Guadeloupe, Martinique, de l’Hexagone et de l’étranger. Les coureurs guyanais ont décroché trois victoires d’étape, dont la dernière, dimanche, grâce à Yvenson Nicolas du Vélo Club du Maroni.

© Gael Ho-A-Sim - Radio Télé Péyi 

Le coureur a devancé le peloton groupé à Cayenne pour le finish devant la CTG. Après une semaine éprouvante, cette victoire a représenté une véritable délivrance pour le VCM, explique Yvenson Nicolas : 

« Dernière victoire guyanaise. Je tenais à dédier cette victoire à tous les Guyanais et à mon club surtout. Franchement, c’était une satisfaction, un poids enlevé sur le dos. On a tellement travaillé dans l’ombre. »

Le premier Guyanais au classement général, Dilhan Will, termine pour sa part à la huitième place, à 1 minute et 46 secondes de Damien Urcel :  

« Je n’aurais jamais espéré finir huitième du Tour cette année puisque je suis venu sans vraiment d’ambition et sans entraînement surtout. « On a gagné trois victoires d’étape. […] Je pense que ça veut dire qu’en Guyane, on a quand même du potentiel. »

© Gael Ho-A-Sim - Radio Télé Péyi 

Le coureur estime que les performances guyanaises constituent un signal encourageant pour la suite. Pourtant, on le rappelle, Dilhan Will avait dû suspendre sa saison pour des raisons de santé et n’avait donc pas pu participer aux différentes courses locales. 

Des situations inédites pour cette 35ème édition 

C’est l’une des scènes les plus inhabituelles de cette 35e édition. Quelques minutes après le départ de la première étape, le peloton a été immobilisé sur la rocade Zéphir à Cayenne. 

Les arbitres ont décidé d’interrompre temporairement la course afin de manifester leur soutien à Sylvie Fraumar, arbitre et membre du comité directeur du Comité régional de cyclisme de Guyane, qui avait annoncé son départ dans un contexte de tensions internes. L’interruption a duré moins de dix minutes le temps d’une lecture d’un communiqué  avant la reprise de la course. 

Cet épisode était inédit dans le cadre du Tour et a mis en lumière le rôle essentiel, mais souvent discret, des commissaires et arbitres dans l’organisation de l’épreuve.

La sécurité des coureurs a également été au cœur des préoccupations. Lors de la deuxième étape, Yoan Alfred, sociétaire du Vélo Club du Maroni, a été percuté par une voiture sur la route des Plages, alors qu’il se trouvait loin derrière le peloton. Le coureur blessé a été évacué au CHU de Cayenne et a pu sortir de l’hôpital le lendemain. 

Le VCM a ensuite été touché par une nouvelle chute avec son capitaine Benjamin Bousquet, champion de Guyane 2026, tombé dans les rues de Kourou lors de la troisième étape. Pour le club, ces incidents ont pesé sur le bilan sportif de l’épreuve, explique Alexis Bunch, le président du VCM : 

« Premier bilan, mitigé, avec la chute de notre capitaine Benjamin Bousquet […] On pensait tout de même à Yoan Alfred, qui s’est fait percuter malheureusement sur la route des plages. »

Malgré ces difficultés, le club a poursuivi son travail et conclut le Tour par la victoire d’Yvenson Nicolas.

Autre coup de théâtre : le Néerlandais Jules De Cock, alors deuxième du classement général, n’a pas été autorisé à prendre le départ de la troisième étape entre Cayenne et Kourou.

Son guidon a été considéré comme non conforme à la réglementation de l’UCI, notamment parce qu’il constituait un appui supplémentaire. De Cock, qui occupait la deuxième place du général à seulement 44 secondes de Rutger Wouters, a refusé de changer son équipement et a été déclaré hors course. Une décision qui a profondément modifié le classement général. Le coureur néerlandais s’est dit “triste” de cette décision et “sûr de la conformité” de son équipement. 

La 7e étape a également été perturbée par un violent accident de la circulation sur la RN1 près de Saut-Sabbat. Une collision frontale entre deux véhicules faisant plusieurs blessés a contraint la direction de la course à neutraliser l’épreuve pendant un peu plus d’une heure. Coureurs, voitures suiveuses et véhicules de l’organisation sont restés immobilisés le temps de permettre l’intervention des secours et de sécuriser la chaussée. À la reprise, les écarts ont été rétablis et la course a pu reprendre normalement. 

La 35e édition a également été marquée par des faits de violence entre coureurs lors de la 8ème étape entre Kourou et Macouria. Des images diffusées par Guyane la 1ère pendant le Tour ont montré une altercation impliquant le Guadeloupéen Meving Gène et le maillot jaune, Tim Arts, coureur néerlandais de la Global Cycling Team. 

© Guyane la 1ère

Selon les éléments recueillis autour de l’épreuve, Meving Gène a donné un coup de tête à Tim Arts et ce dernier a riposté par un coup de poing. L’incident a donné lieu à des sanctions disciplinaires, avec une exclusion concernant le coureur guadeloupéen et une pénalité infligée au leader soit l’ajout d’une minute à son compteur.

Un parcours désormais à repenser ?

Au-delà des résultats, la question du parcours a également alimenté les discussions. Plusieurs coureurs ont fait part de leurs réserves sur certaines portions et sur la répétition de tracés désormais bien connus des formations invitées. Pour Pascal Coupra, président du Comité régional cycliste de Guyane et qui effectuait son premier Tour à ce poste, le bilan reste positif malgré les difficultés. Mais le président reconnaît également la nécessité de faire évoluer l’épreuve : 

« Grosse satisfaction. Je remercie déjà tout le monde, tous les bénévoles, toutes les personnes qui ont permis que ce Tour puisse se faire. L’année prochaine, on va certainement remettre une étape vers l’Est. […] Je vais voir comment on pourrait remanier tout cela pour redonner un petit peu de cachet à notre Tour. »

Selon lui, les équipes invitées commencent à connaître les routes guyanaises « par cœur », ce qui pousse les organisateurs à réfléchir à de nouveaux itinéraires.

Une édition éprouvante, mais populaire

Malgré les incidents, les chutes, les controverses et les difficultés d’organisation, le public a une nouvelle fois répondu présent sur les routes et aux arrivées. Pour les formations guyanaises, le bilan reste encourageant avec trois victoires d’étape et une huitième place au classement général pour Dilhan Will. Pour la Guadeloupe, la réussite est totale avec le maillot jaune de Damien Urcel.

© Ville de Cayenne

Cette 35e édition restera donc comme un Tour particulièrement animé, où le sportif a souvent été accompagné de faits de course et d’événements rarement observés sur l’épreuve. À peine le rideau tombé, les organisateurs pensent déjà à 2027 : nouveau parcours, nouvelle étape vers l’Est et volonté de renouveler une épreuve qui, pour ses 35 ans, aura incontestablement connu une édition hors normes.