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Les élus guyanais plaident à nouveau pour une évolution statutaire à l’Élysée

La rencontre attendue depuis près d’un an s’est tenue hier entre une délégation d’élus guyanais et Emmanuel Macron. Le président de la CTG, Gabriel Serville, les parlementaires, Davy Rimane, Jean-Victor Castor et Georges Patient, ainsi que le président de l'association des maires, Michel-Ange Jérémie étaient présents. Au cœur des discussions : l’évolution statutaire de la Guyane vers une autonomie renforcée. Au micro de nos confrères d'Outremers360, Gabriel Serville, le président de la CTG, défend toujours un statut « sui generis », tandis que le chef de l’État évoque la piste de l’article 74 de la Constitution.

  • Par: adminradio
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Après plusieurs mois d’attente, les élus guyanais ont enfin pu exposer leurs revendications institutionnelles au plus haut sommet de l’État. Reçue à l’Élysée, la délégation a échangé avec le président de la République sur l’avenir institutionnel de la Guyane et les perspectives d’autonomie du territoire.

Présent lors de cette réunion, Gabriel Serville, le président de la CTG a salué la reprise du dialogue autour d’un sujet qu’il juge prioritaire.

« On s'est réjoui qu'après un an d'attente, que le président puisse recevoir une délégation d'élus de Guyane pour parler de cette question qui est vraiment épineuse et dont on avait l'impression que tout était fait pour ne pas en parler . »

Le président de la CTG explique qu’Emmanuel Macron a annoncé deux options aux élus : poursuivre la voie du statut « sui generis » réclamé par le Congrès des élus ou envisager une évolution dans le cadre de l’article 74 de la Constitution.

Une hypothèse immédiatement rejetée, le statut « sui generis » est défendu par les élus

Emmanuel Macron aurait suggéré d’étudier la possibilité d’un passage vers l’article 74. Pour les représentants guyanais, il n’est pas question de s’éloigner de la ligne fixée par le Congrès des élus.  L'exécutif territorial explique en quoi consiste ce statu "sui généris" : 

« Il y a la voie qui est sollicitée par les élus de Guyane, à savoir le statut sui generis, un vrai statut qui emporterait l'écriture soit d'un article spécifique, soit d'un titre spécifique de la Constitution qui consacrerait le principe de l'autonomie de la Guyane. Nous, on a le statut sui generis chevillé au corps. Donc, on lui a dit que c'est exactement ça qu'on voudrait et rien d'autre. »

Selon lui, le président de la République a toutefois prévenu que cette réforme serait « un chemin long et difficile ». 

Une reprise des discussions avec l’État saluée

À l’issue de la rencontre, le chef de l’État a proposé de relancer les travaux déjà engagés avec l’ancien ministre des Outre-mer Manuel Valls. Ces échanges devraient désormais être poursuivis sous l’autorité de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.

Gabriel Serville rappelle qu’un calendrier de travail avait déjà été établi par l’ancien ministre Manuel Valls avant l’interruption des discussions : 

« On avait bien avancé sur un calendrier de travail avec des contenus thématiques et on s'était fixé comme date butoir le 31 décembre 2026 afin de rendre compte au président de la République. »

Une continuité souhaitée malgré l’issue prochaine des différentes élections 

Le président de la CTG souhaite désormais que cette dynamique se poursuive malgré les échéances électorales à venir. Pour Gabriel Serville, la revendication institutionnelle portée par les élus guyanais dépasse les alternances politiques et s’inscrit dans un combat historique. « On attend depuis 70 ans pour avoir une évolution institutionnelle qui soit digne de ce nom. Donc on peut attendre un an ou deux ans, même 10 ans. »

Le président de la CTG dit attendre une continuité de l’engagement de l’État, quelle que soit l’issue des élections, sénatoriales, régionales, présidentielles et législatives de 2027 : 

« L'idée pour moi, quelque soit le président de la République, il doit avoir un engagement de l'État. Donc quelle que soit la personne qui sera élue en mai 2027, il doit avoir une continuité de l'action de l'État envers la Guyane. »

Les élus guyanais entendent désormais consulter les différents groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat afin d’évaluer les soutiens politiques autour de cette réforme.