Outre-mer : 21 propositions du Sénat pour préparer l'économie de demain
Les Outre-mer représentent un peu plus de 4 % de la population française, mais seulement 2,5 % de la richesse nationale. Pour les sénateurs, les moteurs traditionnels de l'économie – banane, canne à sucre, pêche ou encore nickel – ne suffisent plus à soutenir durablement la croissance et l'emploi.
Le rapport invite ainsi à préparer une nouvelle étape du développement économique en misant sur les nombreux atouts des territoires : agriculture, pêche, biodiversité, énergies renouvelables, numérique ou encore intelligence artificielle.
Mieux valoriser les atouts ultramarins
Parmi les 21 recommandations formulées, le Sénat souhaite adapter plusieurs outils économiques existants afin de mieux soutenir les productions locales et les entreprises. Pour la sénatrice de Guyane, Marie-Laure Phinéra-Horth, il faut désormais penser les politiques publiques à l'échelle des filières :
« Les Outre-mer regorgent d'innovations. Ces innovations sont parfois bloquées par des normes contraignantes qu'il faut adapter. La délégation appelle à mettre en œuvre un véritable "réflexe outre-mer" dans toute législation nationale ou européenne. »
La parlementaire propose également de faire évoluer l'octroi de mer, de renforcer la place des productions locales dans le bouclier qualité-prix et d'introduire davantage de préférence ultramarine dans la commande publique.
Faciliter le financement des entreprises
Autre priorité du rapport : simplifier l'accès aux financements pour les entrepreneurs ultramarins. Les sénateurs proposent la création d'un guichet unique et d'un fonds d'investissement ultramarin, afin de mettre fin à des démarches jugées trop complexes, explique la rapporteure Annick Girardin
« Il faut un véritable levier puissant pour accompagner les projets sans transformer leur financement en parcours du combattant. Les entreprises ont besoin d'un fonds d'investissement qui leur permette de franchir un cap dans leur développement. »
À moins d'un an de l'élection présidentielle, les sénateurs espèrent désormais que ces propositions trouveront un écho dans le débat national et permettront enfin de construire une véritable stratégie économique de long terme pour les territoires ultramarins.