Chikungunya : 1 000 doses de vaccin attendues face à une épidémie en progression
La Guyane fait face à une progression lente mais continue du chikungunya, indique l’ARS Guyane. Selon le dernier bilan de l’Agence régionale de santé (ARS), 102 cas ont été confirmés, dont 88 concentrés sur le littoral, où sept foyers sont actuellement suivis.
Une situation étroitement liée à celle du Suriname voisin, où près de 3 000 cas ont été recensés. En Guyane, 22 personnes ont été hospitalisées, dont une pour une forme grave.
Depuis le début de l’année, une dizaine de nouveaux cas sont détectés chaque semaine, signe d’une circulation active du virus.
La vaccination pour limiter les formes graves
Face à cette situation, la Haute Autorité de Santé a donné son feu vert à la mise sur le marché de deux vaccins contre le chikungunya.
Déjà 200 doses sont disponibles en Guyane, et 1 000 doses supplémentaires doivent être acheminées dès la semaine prochaine. Une stratégie ciblée est mise en place pour protéger les plus vulnérables. « Nous allons développer une stratégie vaccinale sur le territoire », explique Bertrand Parant, directeur de l’ARS Guyane :
« Les vaccins sont recommandés pour les plus de 65 ans et les personnes à risque. Ce ne sera pas obligatoire, mais accessible gratuitement sur prescription médicale. »
Toutefois, les autorités le rappellent : la vaccination ne suffira pas à elle seule à stopper l’épidémie.
Lutte anti-moustiques : un levier essentiel
En parallèle, les actions de lutte antivectorielle se poursuivent. Fin mars, des opérations de démoustication ont été menées à Saint-Laurent, Mana et Awala-Yalimapo, avec 260 logements traités par les services de la CTG. Mais la mobilisation doit aussi être individuelle, insiste Bertrand Parant :
« Le moustique qui vous pique est souvent né dans votre jardin ou celui de votre voisin. Il faut éliminer les eaux stagnantes, se protéger avec des répulsifs et des vêtements adaptés. »
Le directeur de l’ARS rappelle également les risques, notamment pour les femmes enceintes : « C’est une maladie qui peut être très invalidante et potentiellement critique pour le fœtus. »
Une coopération renforcée avec le Suriname et des capacités de dépistage renforcées
Face à une épidémie transfrontalière, la coopération avec le Suriname devient essentielle. « Les populations traversent le fleuve, les frontières ne stoppent pas le virus », souligne Bertrand Parant. « Il est crucial de contenir l’épidémie à l’ouest pour éviter sa propagation à l’ensemble du territoire. »
Des échanges ont déjà eu lieu entre les autorités sanitaires des deux pays, notamment pour renforcer le suivi biologique du virus et envisager un appui en matière de lutte antivectorielle et de vaccination.
Enfin, les autorités sanitaires assurent que tous les laboratoires de Guyane sont désormais en capacité de réaliser des tests PCR pour détecter rapidement le virus.